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« Pour 2026, je souhaite que la société s’empare de la santé mentale comme d’un sujet qui nous concerne tous »

PSSM France Vie associative
14 janvier 2026

Alors que la Grande Cause Nationale dédiée à la santé mentale est prolongée, PSSM France aborde 2026 avec une ambition renouvelée. Dans cette interview croisée, Muriel Vidalenc, Présidente PSSM, et Caroline Jeanpierre, Directrice PSSM, partagent les moments marquants de 2025 et dressent les perspectives de l’année à venir.

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Si vous deviez retenir un seul moment fort de 2025, lequel serait-ce et comment définit-il l’ambition que vous portez pour 2026 ?

Muriel Vidalenc : S’il est délicat d’isoler un seul moment d’une année 2025 aussi dense, le succès de la phase pilote du module PSSM Ados s’impose comme une évidence. Avec près de 550 collégiens et lycéens formés et des retours extrêmement positifs, cette étape a validé notre approche : ancrer la culture “d’apprendre à aider” directement dans l’environnement des jeunes.

« Cette réussite définit précisément notre ambition pour 2026 : passer de la preuve de concept à l’expérimentation à grande échelle »

Muriel Vidalenc, Présidente PSSM


Ce déploiement sera couplé à une étude d’impact rigoureuse, fidèle à notre engagement d’avancer avec méthode pour faire du secourisme en santé mentale un réflexe citoyen dès le plus jeune âge.

Caroline Jeanpierre : S’il ne fallait retenir qu’un moment, ce serait cette prise de conscience collective autour de notre réseau de 2 000 formateurs. En 2025, nous avons réalisé que cette communauté n’est pas seulement le moteur de notre action, elle en est le cœur battant. Collaborer avec eux nous a montré l’urgence de mieux les connaître, de les nourrir et de créer un véritable sentiment d’appartenance.
Pour 2026, cette prise de conscience devient une ambition centrale : nous voulons passer d’un réseau de formateurs à une communauté fédérée. Notre priorité sera de leur offrir des outils innovants et des espaces d’échange pour renforcer leur impact sur le terrain.

« L’ambition est claire : faire en sorte que chaque formateur se sente soutenu et outillé pour porter, avec nous, la mission de PSSM France à un niveau supérieur »

Caroline Jeanpierre, Directrice PSSM

2026 s’annonce comme une année charnière. Quels sont les grands chantiers qui vont mobiliser les équipes et le réseau cette année ?

Muriel Vidalenc : Je ne sais pas si nous devons parler d’année charnière, mais 2026 sera assurément intense ! Au-delà du travail mené sur le module PSSM Ados, nous lançons deux chantiers de grande envergure dès le début de l’année. D’abord, nous rendons nos formations plus accessibles grâce à la mise en place effective du CPF. Ensuite, nous activons nos programmes de remobilisation. L’enjeu est double : permettre à de nouveaux secouristes de nous rejoindre tout en garantissant la qualité de l’aide apportée par ceux qui sont déjà sur le terrain. C’est une année de passage à l’échelle pour tout notre réseau.

Caroline Jeanpierre : L’année 2026 marquera avant tout l’aboutissement de nos grands chantiers pédagogiques à travers le déploiement opérationnel d’une démarche d’amélioration continue de la qualité. Ce système permettra de garantir que l’excellence de nos formations reste constante et s’adapte en permanence aux réalités du terrain.
Parallèlement à cette exigence interne, nous porterons un effort majeur sur la défense et le rayonnement de la marque PSSM. Cette stratégie globale vise non seulement à protéger le travail et la légitimité de nos formateurs accrédités, mais aussi à renforcer nos alliances stratégiques avec les autres pays du réseau international MHFAI. En défendant ainsi notre identité, nous assurons la valeur et l’intégrité du secours en santé mentale sur l’ensemble du territoire français.

La force du projet PSSM repose sur ses secouristes, ses formateurs, ses instructeurs et ses administrateurs. Comment comptez-vous soutenir et faire grandir ces communautés dans les mois à venir ?

Muriel Vidalenc : Ce qui est important pour les membres d’une communauté, c’est avant tout d’être fier d’y appartenir. Pour cela, nous devons toujours penser nos actions dans la cohérence de notre projet et de notre raison d’être. Cette fierté se cultive en valorisant l’impact concret de leurs actions sur le terrain et en garantissant un accompagnement rigoureux qui renforce leur légitimité. Soutenir notre communauté, c’est aussi briser l’isolement en créant des espaces d’échange où l’entraide et la bienveillance s’appliquent d’abord à nos membres. En restant fidèles à nos valeurs de rigueur et d’humanité, nous assurons une croissance durable où chaque engagement fait sens.

Caroline Jeanpierre : Pour soutenir, faire grandir et faire interagir ces communautés qui constituent le socle du projet PSSM, notre priorité sera de placer l’animation et la rencontre au cœur de nos actions. Nous souhaitons sortir d’une relation purement institutionnelle pour aller directement sur le terrain à la rencontre de nos secouristes et formateurs (Journée des formateurs, matinales…). Cette présence renforcée permettra de tisser des liens plus étroits et authentiques entre l’équipe salariée et les différentes strates de notre réseau. En favorisant ces échanges directs, nous entendons consolider durablement le lien de confiance qui nous unit à nos partenaires, car c’est dans cette culture du dialogue et de la proximité que notre communauté puisera la force nécessaire à son développement.

Lire le projet stratégique PSSM France : « En route vers 2030 ! »

Si vous aviez un vœu pour la santé mentale en France en 2026, quel message aimeriez-vous adresser ?

Muriel Vidalenc : Pour 2026, je souhaite que la société dans son ensemble s’empare de la santé mentale comme d’un sujet qui nous concerne tous. Que chacun comprenne qu’il peut contribuer, à son niveau, à prévenir les risques de souffrance psychique. Cette année encore, la santé mentale est érigée “Grande cause nationale”, ce qui représente une opportunité historique. J’espère que cette dynamique poussera nos politiques publiques à intégrer durablement cet enjeu au cœur de la société, pour que la bienveillance et l’action citoyenne deviennent la norme face à la détresse.

Caroline Jeanpierre : Mon vœu le plus cher pour 2026 est que nous continuions, ensemble, à briser les tabous pour poursuivre la déstigmatisation de la santé mentale dans tous les pans de notre société. Nous devons transformer le regard que nous portons sur ces enjeux afin que personne n’ait plus honte de ses fragilités. Pour y parvenir, mon message est simple : favorisons l’échange et libérons la parole. C’est en osant parler, en écoutant l’autre sans jugement et en plaçant le dialogue au cœur de nos relations quotidiennes que nous ferons de la santé mentale une cause réellement partagée et comprise par tous.

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