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En 2025, 3 % des écoliers, 4 % des collégiens et 2 % des lycéens se trouvaient en situation de harcèlement scolaire, selon les résultats de la grille d’auto-évaluation proposée aux élèves par le ministère de l’Éducation nationale.
Derrière ces chiffres se trouvent des enfants et des adolescents qui peuvent subir des moqueries, des humiliations, des mises à l’écart, des menaces ou des violences répétées, parfois jusque sur les réseaux sociaux. Pour les parents, il n’est pourtant pas toujours facile de reconnaître les signes du harcèlement ou de savoir comment réagir lorsqu’un enfant se confie.
Comment savoir si son enfant est victime de harcèlement ? Comment lui en parler sans le brusquer ? Et surtout, que faire concrètement pour l’aider ?
Votre enfant vous dit qu’il est harcelé ? Les 5 premiers réflexes :
- Écoutez-le : laissez-le raconter ce qu’il vit sans le forcer à parler davantage qu’il ne le souhaite
- Rassurez-le : rappelez-lui qu’il n’est pas responsable de ce qu’il subit et qu’il a bien fait d’en parler
- Notez les faits : dates, lieux, personnes impliquées, répétition des faits… En cas de cyberharcèlement, conservez également les captures d’écran et autres preuves
- Alertez l’établissement : ne cherchez pas à régler seul la situation avec les autres élèves ou leurs parents
- Faites-vous accompagner : le 3018 peut informer et accompagner les élèves, les parents et les professionnels confrontés à une situation de harcèlement
Comment savoir si mon enfant est victime de harcèlement scolaire ?
Il n’existe pas de signe unique permettant d’identifier une situation de harcèlement. Comme l’explique Olivier Canceil, psychiatre spécialiste de la santé mentale des adolescents et des jeunes adultes – et membre du Conseil scientifique et pédagogique de PSSM France – les signes ne sont pas toujours spécifiques. C’est surtout leur accumulation qui doit alerter et inciter l’adulte à chercher à comprendre ce qui se passe. Certains changements peuvent attirer l’attention, à l’école ou à la maison.
Les signes qui doivent alerter à l’école et à la maison
| Quels signes observer à l'école ? | Quels signes observer à la maison ? |
|---|---|
| Retards fréquents | Troubles du sommeil |
| Absences répétées ou non justifiées | Maux de ventre, particulièrement le matin avant d’aller à l’école |
| Baisse soudaine des résultats scolaires | Pleurs fréquents |
| Pertes ou vols de matériel, parfois évoqués à plusieurs reprises | Irritabilité inhabituelle |
| Isolement visible dans la cour ou en classe | Repli sur soi |
| Réticence inhabituelle à aller à l’école | Anxiété accrue |
| Possession d’objets destinés à se défendre | Changements dans les habitudes alimentaires |
Pris isolément, ces signes peuvent avoir de nombreuses explications. Mais lorsqu’ils apparaissent de manière inhabituelle ou s’accumulent, ils doivent inciter les adultes à s’interroger et à ouvrir le dialogue.
« Tous ces signaux, même discrets, méritent d’être pris au sérieux. L’important est de ne pas les banaliser et d’en parler avec l’enfant dans un climat d’écoute et de confiance »
Olivier Canceil, psychiatre et spécialiste de la santé mentale des adolescents et des jeunes adultes
Pourquoi un enfant victime de harcèlement ne demande-t-il pas forcément de l’aide ?
Ne pas parler ne signifie pas ne pas souffrir. Au contraire, selon Olivier Canceil, un enfant ou un adolescent victime de harcèlement peut avoir de nombreuses raisons de garder le silence.
La honte et la culpabilité
L’adolescent peut finir par se sentir lui-même responsable de ce qu’il vit : « C’est peut-être moi le problème » ou « J’ai peut-être mérité ce qui m’arrive ». Cette culpabilité peut être particulièrement importante lorsque les attaques concernent des aspects intimes de son identité, son corps, son orientation sexuelle ou son identité de genre.
La peur d’être perçu comme faible
À l’adolescence, la volonté d’autonomie est importante. Demander de l’aide peut être vécu comme une reconnaissance de faiblesse ou comme l’aveu qu’on n’est pas capable de résoudre seul ses problèmes. Le jeune peut aussi craindre que parler entraîne des représailles ou un isolement encore plus important.
La peur de la réaction des parents
C’est un point particulièrement important pour Olivier Canceil : le premier réflexe des parents peut être de vouloir défendre immédiatement leur enfant, alors que celui-ci peut précisément craindre cette réaction.
Il peut avoir peur que ses parents contactent directement l’école, les autres élèves ou leurs parents, et que cette intervention aggrave la situation. C’est notamment pour cette raison qu’il est important de commencer par écouter avant d’agir.
La peur de perdre l’accès aux réseaux sociaux
En cas de cyberharcèlement, certains jeunes peuvent également craindre que leurs parents leur retirent leur téléphone ou leur accès à Internet.
Cela peut sembler paradoxal, mais l’adolescent peut avoir besoin de savoir ce qui se dit sur lui en ligne. Ne plus avoir accès aux réseaux peut lui donner le sentiment de perdre encore davantage le contrôle de la situation.
Comment parler à son enfant victime de harcèlement ?
Lorsqu’un parent remarque plusieurs signes inquiétants, il peut être tenté de poser directement des questions : « Qui te fait ça ? », « Pourquoi tu ne nous as rien dit ? »,« Depuis combien de temps ça dure ? ». Mais l’objectif premier est de créer un climat suffisamment sécurisant pour que l’enfant puisse parler.
Créer un espace de dialogue sans pression
L’enfant n’est pas nécessairement prêt à parler immédiatement. On peut simplement lui montrer que la porte est ouverte : « Je te sens préoccupé en ce moment. Je ne sais pas ce qui se passe, mais si quelque chose te fait du mal, tu peux m’en parler. Je suis là pour t’écouter »
Il est également possible de partir d’une situation extérieure : un film, une série, une actualité ou une situation observée à l’école. Parler d’un autre jeune ou d’un personnage permet parfois de prendre davantage de distance avant d’aborder ce que l’enfant vit lui-même.
Poser des questions ouvertes
Plutôt que de multiplier les questions directes, Olivier Canceil conseille de « tendre des perches » et d’ouvrir la discussion progressivement. Par exemple :
- « Comment ça se passe avec les autres au collège ? »
- « Comment tu te sens avec tes camarades en ce moment ? »
- « Tu as déjà vu quelqu’un se faire embêter ? »
- « Qu’est-ce que tu en as pensé ? »
- « Comment tu réagirais dans cette situation ? »
L’objectif n’est pas d’obtenir immédiatement toutes les réponses, mais de montrer à l’enfant qu’il peut parler.
Écouter sans minimiser
Si l’enfant se confie, il est essentiel de prendre sa parole au sérieux. Certaines phrases, même prononcées avec l’intention de rassurer, peuvent fermer le dialogue :
- « Ce sont juste des histoires d’enfants »
- « Ignore-les et ça passera »
- « Il faut apprendre à te défendre »
- « Pourquoi tu ne leur réponds pas ? »
- « Tu es sûr que c’est vraiment du harcèlement ? »
À l’inverse, on peut lui dire :
- « Je te crois »
- « Tu as bien fait de m’en parler »
- « Ce qui t’arrive n’est pas de ta faute »
- « On va chercher ensemble comment t’aider »

👉 Pour aller plus loin, écoutez les conseils d’Olivier Canceil dans notre podcast Le Lien : « Les mots qui blessent : parler du harcèlement scolaire et en ligne »
ÉcouterQue faire si mon enfant me dit qu’il est harcelé ?
Une fois que l’enfant a parlé, le parent peut avoir envie d’intervenir immédiatement. Pourtant, agir efficacement ne signifie pas nécessairement agir seul. L’objectif est de protéger l’enfant, de comprendre les faits et de mobiliser les bons interlocuteurs.
1. Écouter et rassurer son enfant
Laissez-le raconter ce qu’il souhaite raconter, sans lui demander de tout détailler immédiatement. Rappelez-lui qu’il n’est pas responsable de ce qu’il subit et qu’il a bien fait de vous en parler. Vous pouvez également lui demander : « De quoi as-tu besoin maintenant ? » Cette question permet de prendre en compte son ressenti et ses craintes, plutôt que de décider immédiatement à sa place.
2. Recueillir les faits
Notez, autant que possible :
- ce qui s’est passé
- les dates et les lieux
- les personnes impliquées
- les éventuels témoins
- la répétition des faits
- les conséquences observées chez l’enfant
Le ministère recommande également de conserver les preuves éventuelles, notamment les captures d’écran en cas de harcèlement en ligne.
3. Ne pas chercher à régler seul le problème
Il peut être tentant de contacter directement l’enfant qui harcèle ou ses parents. Mieux vaut éviter de gérer seul la situation.
Le ministère déconseille notamment aux parents d’un enfant auteur de harcèlement de contacter directement la victime, car cela peut aggraver la situation. Plus largement, la prise en charge doit être organisée avec les adultes responsables de l’établissement.
4. Alerter l’établissement scolaire
La situation peut être signalée :
- à l’enseignant ou au directeur de l’école
- au professeur principal
- au chef d’établissement
- au coordonnateur harcèlement
- à l’équipe ressource pHARe
Le dispositif pHARe est généralisé dans les établissements scolaires. Il prévoit un protocole national de traitement des situations de harcèlement, depuis leur signalement jusqu’à leur résolution, ainsi que des mesures de protection et un suivi de la situation.
5. Rester attentif à la santé mentale de son enfant
Le harcèlement peut avoir des conséquences importantes sur la santé mentale : anxiété, perte d’estime de soi, isolement, difficultés scolaires, état dépressif ou troubles du comportement alimentaire notamment. Dans les situations les plus graves, des conduites suicidaires peuvent également survenir.
Si la souffrance psychologique devient importante ou persistante, il est important de solliciter un professionnel de santé.
En tant que parent, voir son ado souffrir sans savoir comment (ré)agir peut être véritablement éprouvant. Pour vous aider, découvrez notre article : « Comment aider son ado qui va mal ? Signes, conseils et ressources » 👇🏻
Qu’est-ce que le harcèlement scolaire ?
Le harcèlement scolaire est une violence répétée, qui peut être verbale, physique et/ou psychologique. Il implique généralement un rapport de force et une situation dans laquelle la victime se trouve en difficulté pour se défendre. Le harcèlement scolaire peut se manifester de différentes manières :
- Moqueries et humiliations récurrentes
- Mises à l’écart ou isolement volontaire d’un élève
- Menaces, insultes ou intimidations
- Violence physique
- Vols ou dégradations de biens personnels
Le ministère distingue notamment trois dimensions importantes : la violence, la répétition et l’isolement de la victime. Le harcèlement peut avoir lieu dans l’établissement, à ses abords ou se prolonger en ligne sous la forme de cyberharcèlement. Il peut également aller au-delà du contact physique ( (grimaces, gestes obscènes, ostracisme ou refus d’accéder aux souhaits d’autrui).
Harcèlement scolaire ou conflit : quelle différence ?
Tous les conflits entre élèves ne constituent pas nécessairement du harcèlement. Le harcèlement se caractérise notamment par la répétition des violences, le rapport de force et l’isolement de la victime. Il peut porter atteinte à sa dignité, à sa santé physique ou mentale et à ses conditions d’apprentissage.
Pour un parent, il n’est toutefois pas nécessaire d’attendre d’avoir soi-même établi un diagnostic de
« harcèlement » avant de demander conseil ou de signaler une situation préoccupante.
Quelles sont les conséquences du harcèlement sur la santé mentale ?
Le harcèlement n’est jamais anodin. Chez l’enfant ou l’adolescent victime, il peut entraîner une importante détresse psychologique et avoir des répercussions sur la vie scolaire, familiale et sociale. Anxiété, perte d’estime de soi et isolement. Un jeune victime peut notamment ressentir :
- de l’anxiété
- de la honte
- de la culpabilité
- une perte d’estime de soi
- un sentiment d’isolement
- une détresse émotionnelle importante
Ces conséquences peuvent également se traduire par des troubles du sommeil, des troubles alimentaires, une baisse des résultats scolaires ou un décrochage. Dans les situations les plus graves, des conduites suicidaires peuvent apparaître.
La honte, la culpabilité et la perte de confiance peuvent en retour rendre plus difficile la demande d’aide. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’écoute de l’entourage est si importante.
Les témoins peuvent également être affectés
Le harcèlement concerne également les jeunes qui y assistent. Un témoin peut ressentir de la peur, de l’impuissance ou de la culpabilité. Il peut également craindre de devenir lui-même une cible s’il intervient ou à l’inverse, finir par banaliser ces comportements et les considérer comme normaux.
Prévenir le harcèlement consiste donc aussi à apprendre aux jeunes à reconnaître les comportements problématiques et à savoir vers quel adulte se tourner lorsqu’ils en sont témoins.

👉 Pour mieux comprendre la santé mentale des adolescents découvrez notre carnet du secouriste « Mieux comprendre un adolescent » et retrouvez des repères pour mieux comprendre les comportements, les émotions et les situations de mal-être chez les ados.
Voir le carnetComment prévenir le harcèlement scolaire en tant que parent ?
Les parents ne peuvent évidemment pas contrôler toutes les relations de leur enfant. En revanche, ils peuvent contribuer à créer un climat de confiance dans lequel celui-ci sait qu’il peut parler lorsqu’une situation le met mal à l’aise ou le fait souffrir. Olivier Canceil propose plusieurs pistes concrètes.
Parler des relations et des limites
Les conversations du quotidien peuvent être l’occasion d’aborder naturellement les relations avec les autres :
- Qu’est-ce qu’on peut attendre d’un ami ?
- Qu’est-ce qu’une plaisanterie ?
- À partir de quand une plaisanterie devient-elle une moquerie ?
- Qu’est-ce qui est acceptable dans une relation ?
- Qu’est-ce qu’on peut refuser ?
Ces échanges permettent progressivement à l’enfant de mieux identifier ses propres limites et celles des autres.
S’appuyer sur les situations du quotidien
Les films, les séries, les réseaux sociaux ou les situations observées dans l’actualité peuvent devenir des points de départ pour parler des relations entre jeunes. On peut par exemple demander : « À ton avis, comment ce personnage s’est-il senti ? » . Parler d’une situation extérieure crée parfois une distance qui facilite la discussion.
Poser des questions ouvertes
Plutôt que d’interroger directement l’enfant, il est souvent plus efficace de lui tendre des perches : « Comment ça se passe avec les autres ? » – « Tu as déjà vu quelqu’un se faire embêter ? » – « Comment tu réagirais dans cette situation ? » – Ces conversations régulières peuvent faciliter la parole lorsqu’un problème survient.
Développer l’intelligence émotionnelle
Aider l’enfant à identifier ses émotions et celles des autres, valoriser l’entraide et l’écoute et encourager les comportements prosociaux contribue à construire des relations plus respectueuses.
Comme le rappelle Olivier Canceil, les rôles ne sont pas nécessairement figés : un jeune peut être victime dans un contexte et adopter des comportements de harcèlement dans un autre. Cette réalité invite à travailler sur les comportements et les relations plutôt qu’à enfermer les jeunes dans une identité de
« victime » ou de « harceleur ».
Parler de respect et de consentement
Le respect des limites et le consentement peuvent être abordés dès le plus jeune âge. Savoir dire non, comprendre le non de l’autre et identifier ce qui est acceptable ou non dans une relation sont des repères importants pour favoriser des relations respectueuses.
Favoriser d’autres espaces où l’enfant peut se sentir compétent
Une activité sportive, artistique, culturelle ou associative peut offrir à l’enfant un autre espace de socialisation dans lequel il se sent compétent, reconnu et valorisé.
Cela ne remplace évidemment pas la prise en charge d’une situation de harcèlement. Mais ces espaces peuvent contribuer à diversifier ses expériences sociales et à soutenir sa confiance en lui.
Que faire en cas de cyberharcèlement ?
Le cyberharcèlement est une forme de harcèlement qui utilise les outils numériques : réseaux sociaux, messageries, plateformes, jeux en ligne ou autres espaces numériques. Il peut prendre différentes formes :
- insultes ou menaces répétées
- diffusion de rumeurs
- publication de photos ou vidéos humiliantes
- diffusion de contenus intimes sans consentement
- usurpation d’identité
- exclusion volontaire d’un groupe ou d’une conversation
- création de comptes ou de groupes destinés à humilier une personne
Le cyberharcèlement peut prolonger les violences en dehors de l’école et rendre plus difficile la possibilité pour le jeune de trouver un espace de répit.
Les premiers réflexes en cas de cyberharcèlement
- Écouter l’enfant sans le culpabiliser
- Conserver les preuves : captures d’écran, messages, publications, liens, dates et comptes concernés.
- Ne pas lui demander de régler seul la situation
- Signaler les contenus aux plateformes concernées
- Contacter le 3018 pour être accompagné
Le 3018 est le numéro national dédié au harcèlement. Il est destiné aux élèves, aux parents et aux professionnels et permet d’obtenir des renseignements ou d’effectuer un signalement. Il est gratuit, anonyme et confidentiel, 7 jours sur 7 de 9 h à 23 h.
Comme l’explique le Ministère, lorsqu’une situation est signalée au 3018, les informations peuvent, avec l’accord de la personne, être transmises aux services de l’Éducation nationale concernés. En cas de cyberharcèlement, elles peuvent également être transmises au gestionnaire du réseau social afin de contribuer au retrait d’un contenu abusif.
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Smartphone, FOMO, anxiété, réseaux sociaux… pourquoi la déconnexion peut-elle être difficile à vivre à l’adolescence, et comment accompagner les jeunes ?
Qui contacter en cas de harcèlement scolaire ?
| Votre situation | Qui contacter ? |
|---|---|
| Vous suspectez une situation de harcèlement | Un adulte de confiance dans l’établissement |
| Votre enfant est victime à l’école | Enseignant, directeur, professeur principal ou chef d’établissement |
| La situation concerne un collège ou un lycée | Chef d’établissement, coordonnateur harcèlement ou équipe ressource pHARe |
| Il s’agit de cyberharcèlement | Établissement scolaire + 3018 + plateforme concernée |
| Vous ne savez pas comment agir | 3018 |
| Vous êtes un proche ou un témoin | 3018 |
| La situation met l’enfant en danger ou s’accompagne d’une crise importante | Demander rapidement une aide professionnelle ou contacter les services adaptés |
Le 3018 : le numéro national pour le harcèlement
Le 3018 est destiné aux élèves, aux parents et aux professionnels pour toute question ou tout signalement concernant une situation de harcèlement. Il est opéré par l’association e-Enfance et constitue aujourd’hui le numéro national unique dédié à la lutte contre le harcèlement.
Vous avez un doute ? Vous n’avez pas besoin d’attendre d’être certain qu’il s’agit de harcèlement pour demander conseil. Le 3018 peut aider à comprendre la situation et à identifier les démarches adaptées.
FAQ : les questions des parents sur le harcèlement scolaire
Comment savoir si mon enfant est victime de harcèlement scolaire ?
Il n’existe pas de signe unique permettant d’identifier une situation de harcèlement. Une accumulation de changements inhabituels peut toutefois alerter : retards ou absences, baisse des résultats, isolement, troubles du sommeil, maux de ventre le matin, anxiété, irritabilité, repli sur soi ou changement de comportement face aux écrans. Ces signes ne sont pas spécifiques au harcèlement : c’est leur accumulation qui doit inciter à chercher ce qui se passe.
Que faire si mon enfant me dit qu’il est harcelé ?
Commencez par l’écouter et le rassurer. Dites-lui qu’il n’est pas responsable de ce qu’il subit et qu’il a bien fait d’en parler. Notez les faits et conservez les preuves éventuelles, notamment en cas de cyberharcèlement. Signalez ensuite la situation à l’établissement scolaire. Vous pouvez également contacter le 3018 pour obtenir des conseils.
Que dire à un enfant victime de harcèlement ?
Vous pouvez lui dire : « Je te crois », « Tu as bien fait de m’en parler », « Ce qui t’arrive n’est pas de ta faute » et « On va chercher ensemble comment t’aider ». Évitez de minimiser les faits ou de lui demander pourquoi il ne s’est pas défendu.
Pourquoi un enfant harcelé ne parle-t-il pas à ses parents ?
La honte, la culpabilité, la peur des représailles, la crainte d’être considéré comme faible ou la peur de la réaction des adultes peuvent empêcher un jeune de demander de l’aide. En cas de cyberharcèlement, il peut également craindre que ses parents lui retirent son téléphone ou son accès aux réseaux sociaux.
Faut-il contacter les parents de l’enfant qui harcèle ?
Il est préférable de ne pas chercher à régler seul la situation avec l’enfant concerné ou sa famille. Signalez les faits à l’établissement scolaire, qui dispose d’un protocole de prise en charge. Le 3018 peut également vous accompagner dans vos démarches.
Que faire si mon enfant refuse que j’en parle à l’école ?
Essayez d’abord de comprendre ce qui l’inquiète : peur des représailles, honte, peur d’être isolé ou crainte que la situation empire. Expliquez-lui que votre objectif est de le protéger et que vous souhaitez avancer avec lui. Vous pouvez également contacter le 3018 pour obtenir des conseils sur la manière d’agir.
Que faire si le harcèlement continue malgré le signalement ?
Informez l’établissement que les faits se poursuivent et demandez quelles mesures de protection ont été mises en place. Vous pouvez solliciter le chef d’établissement, le coordonnateur harcèlement ou l’équipe ressource pHARe. Le 3018 constitue également un interlocuteur extérieur à l’établissement. Le protocole national prévoit un suivi de la situation jusqu’à sa résolution.
Quelle différence entre harcèlement scolaire et cyberharcèlement ?
Le harcèlement scolaire désigne des violences répétées entre élèves, qui peuvent être verbales, physiques ou psychologiques. Le cyberharcèlement utilise les outils numériques : réseaux sociaux, messageries, plateformes, jeux en ligne, etc. Les deux peuvent se cumuler et le cyberharcèlement peut prolonger les violences en dehors de l’établissement.
Le harcèlement scolaire peut-il avoir des conséquences sur la santé mentale ?
Oui. Le harcèlement peut entraîner une importante détresse psychologique, de l’anxiété, une perte d’estime de soi, un isolement, des difficultés scolaires ou un état dépressif. Des troubles du comportement alimentaire ou des conduites suicidaires peuvent également survenir dans les situations les plus graves.
Peut-on prévenir le harcèlement scolaire en tant que parent ?
Les parents ne peuvent pas empêcher toutes les situations de harcèlement. Ils peuvent toutefois favoriser un climat de confiance, parler régulièrement des relations et du respect, poser des questions ouvertes, développer l’empathie et aider leur enfant à identifier ses limites et celles des autres.
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La formation PSSM Jeunes s’adresse aux adultes qui vivent ou travaillent avec des adolescents et des jeunes adultes. Elle permet notamment de développer des connaissances et des compétences pour repérer les signes de mal-être, écouter, soutenir et orienter un jeune vers une aide adaptée.
À retenir : comment aider son enfant victime de harcèlement ?
Lorsqu’un enfant est victime de harcèlement, le premier réflexe n’est pas de chercher immédiatement à régler le problème : c’est de l’écouter, de le rassurer et de le protéger. Les cinq réflexes essentiels sont :
- Repérer les changements inhabituels et leur accumulation
- Écouter l’enfant sans pression ni jugement
- Rassurer en lui rappelant qu’il n’est pas responsable de ce qu’il subit
- Agir en signalant la situation à l’établissement et en conservant les preuves en cas de cyberharcèlement
- Se faire accompagner par les interlocuteurs compétents, notamment le 3018.
Le harcèlement peut avoir des conséquences importantes sur la santé mentale. Un enfant victime de harcèlement ne doit pas rester seul face à ce qu’il vit. La qualité de l’écoute, la mobilisation des adultes et une prise en charge adaptée peuvent contribuer à restaurer progressivement son sentiment de sécurité et sa confiance.
Pour aller plus loin
- 🎧 Écoutez notre podcast Le Lien : « Les mots qui blessent : parler du harcèlement scolaire et en ligne » Olivier Canceil, psychiatre spécialiste de la santé mentale des adolescents et des jeunes adultes, y répond aux questions que peuvent se poser les parents et les proches face au harcèlement scolaire et au cyberharcèlement.
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