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Avec l’entrée en vigueur de l’interdiction du portable au lycée, la rentrée 2026 prend une tournure inédite pour des milliers d’adolescents. Adoptée par le Parlement le 21 juillet 2026, cette mesure de santé publique vise avant tout à améliorer la la concentration, le climat scolaire et à prévenir le cyberharcèlement. Pourtant, sur le terrain, cette « pause numérique » forcée peut susciter de vives inquiétude de la part des jeunes.

En effet, pour une génération habituée à rester connectée en permanence avec leurs amis, la séparation avec le smartphone peut parfois être vécue comme une rupture relationnelle. Stress, irritabilité, sentiment d’isolement ou peur de manquer quelque chose : plusieurs réactions peuvent apparaître lorsque l’adolescent ne peut plus consulter son téléphone.
Pourquoi la séparation avec le smartphone peut-elle être difficile à vivre à l’adolescence ? Comment reconnaître les signes d’un mal-être lié à la déconnexion et accompagner son ado sans renforcer son anxiété ? Décryptage et pistes d’action, avec l’éclairage clinique et scientifique de Cyril Tarquinio, professeur de psychologie de la santé et de psychologie clinique – et membre du conseil scientifique et pédagogique de PSSM France.
Pourquoi l’interdiction du portable au lycée provoque-t-elle de l’anxiété ?
Le smartphone, prolongement du lien social à l’adolescence
Pour bien saisir l’impact de cette interdiction, il est essentiel de comprendre la place que le téléphone a pris dans la vie des jeunes. À l’adolescence où le regard des copains devient central, le smartphone est devenu un indispensable à la construction sociale.
Aujourd’hui, l’amitié entre jeunes ne s’arrête plus aux portes de l’établissement. Elle se prolonge en continu dans des fils de discussion, des messages instantanés et des publications sur les réseaux sociaux. C’est dans cet espace virtuel que se créent les affinités, que se partagent les anecdotes du quotidien, et que s’expriment le soutien ou l’empathie entre amis.
« Pour autant, le smartphone n’est pas un besoin vital. Le besoin psychologique fondamental est celui de l’appartenance, c’est à dire le fait de se sentir relié, reconnu et inclus. Le téléphone n’est qu’un moyen d’accéder à cette appartenance »
Cyril Tarquinio, professeur de psychologie de la santé et de psychologie clinique
Dès lors, retirer le téléphone à l’entrée du lycée ne représente pas seulement l’abandon d’un objet matériel. Pour un ado, cela équivaut à se retrouver soudainement coupé de son groupe de référence. Cette sensation de rupture nette avec la communauté entretient l’illusion de devenir « invisible » ou d’être mis à l’écart des échanges qui continuent de s’y dérouler.
C’est précisément dans cet écart entre leur besoin de connexion sociale et la réalité de la déconnexion forcée que l’anxiété se déclenche.
L’émergence de la nomophobie
Pour certains jeunes, cette appréhension va encore plus loin. Un nouveau terme fait son apparition pour désigner cette peur intense et irrationnelle à l’idée d’être séparé de son téléphone – ou coupé du réseau : la nomophobie pour « no mobile phone phobia ».
Bien que non officiellement reconnue comme un trouble mental dans le DSM-V, la nomophobie est une conséquence directe de la dépendance numérique. En situation de coupure imposée, elle peut déclencher une anxiété aiguë, une hypervigilance et un véritable sentiment de panique chez l’adolescent.

Mieux comprendre ce besoin vital d’appartenir à un groupe lorsqu’on est ado, grâce au décryptage d’Olivier Canceil, psychiatre spécialiste de la santé mentale des jeunes.
Écouter l’épisodeLe mécanisme du FoMO
Au-delà de la crainte de l’isolement, cette déconnexion imposée vient heurter un mécanisme dont vous avez déjà peut-être entendu le nom : ce fameux FoMO ou Fear Of Missing Out , qui désigne la peur de rater quelque chose.
Comme l’explique Cyril Tarquinio, le FoMO désigne l’appréhension que les autres vivent, partagent ou organisent des expériences dont on serait absent, associée au désir de rester continuellement informé de ce qu’ils font.
Il ne s’agit donc pas seulement de craindre de manquer une notification. Mais d’être absent d’une conversation importante, de ne pas comprendre ensuite une plaisanterie, de découvrir trop tard une invitation ou, plus profondément, de perdre sa place dans le groupe.
Un exemple simple permet de le comprendre. Un adolescent laisse son téléphone dans un casier pendant les cours. Il ne sait pas si ses amis échangent dans une conversation de groupe, si une sortie se prépare ou si quelqu’un parle de lui.
Son inconfort vient alors moins du silence du téléphone que de l’impossibilité de vérifier ce qui se passe. Le contrôle de l’écran permet de réduire cette incertitude relationnelle.
Le FoMO est-il le signe d’un problème psychologique ?
« Le FoMO n’est ni un diagnostic, ni la preuve d’une addiction au smartphone, ni un symptôme spécifique d’une maladie psychique »
Cyril Tarquinio, professeur de psychologie de la santé et de psychologie clinique
Il s’agit d’une expérience dimensionnelle qui peut plus ou moins intense, ponctuel ou durable. À l’adolescence, une forme modérée de FoMO peut être compréhensible, car l’appartenance et le regard des pairs prennent une importance particulière à cette période du développement.
Lorsqu’il est marqué, le FoMO peut toutefois constituer un signal. Il peut notamment traduire :
- un besoin important d’appartenance ou de popularité
- un doute sur la place de l’adolescent dans le groupe
- une forte sensibilité à l’exclusion ou à la comparaison sociale
- une difficulté à tolérer de ne pas savoir ce qui se passe en son absence
- un besoin de se rassurer grâce au téléphone
Notre expert décrypte le FOMO
Cliniquement, chez certains adolescents, la consultation répétée peut ainsi fonctionner comme un comportement de réassurance : vérifier ses messages permet de diminuer momentanément l’inquiétude et de retrouver une impression de contrôle.
Pour comprendre ce qui se joue réellement, mieux vaut interroger l’adolescent plutôt que d’interpréter son comportement à sa place : « Qu’est-ce que tu crains exactement lorsqu’il t’est impossible de consulter ton téléphone ? »
La réponse peut révéler une peur d’être oublié, exclu, critiqué, de ne pas pouvoir joindre un proche, ou simplement une habitude devenue très automatisée. Ces situations n’appellent pas toutes la même réponse.
La nuance scientifique
Les recherches montrent une association robuste entre FoMO et usages numériques problématiques. Mais une association n’est pas un diagnostic et ne prouve pas, à elle seule, la causalité.
Des données longitudinales récentes suggèrent même une boucle possible : un usage problématique du smartphone peut accroître ultérieurement le FoMO, lequel peut ensuite contribuer à une vulnérabilité dépressive. Il faut donc éviter les raisonnements simplistes du type « il a du FoMO, donc il est dépendant » ou « le téléphone est nécessairement la cause de son anxiété ».
Un « doudou numérique »
Le smartphone peut aussi servir à réguler les émotions, comme un « doudou numérique ». Selon Cyril Tarquinio, il permet de rompre l’ennui, de détourner l’attention d’une inquiétude, de contacter un proche, d’éviter un malaise social ou de retrouver rapidement une sensation de familiarité.
Une étude en vie quotidienne montre que ces usages peuvent aider les adolescents à récupérer d’un pic de tristesse ou d’inquiétude dans l’immédiat, mais que ce bénéfice est fragile et peut s’accompagner de davantage d’émotions négatives et de solitude le lendemain.
Le téléphone peut donc apaiser une émotion à court terme sans forcément aider l’adolescent à apprendre à la traverser autrement.
En retirant cette béquille numérique au sein de l’établissement, les élèves se retrouvent à nus face à leurs émotions. Sans cet écran pour faire tampon, l’ennui, l’inconfort social ou la fatigue de la journée émergent sans filtre, et peuvent se traduire par une vive nervosité ou une sensation de panique.
Ce qu’il faut retenir
- À l’adolescence, le smartphone donne accès au groupe, à une partie de la vie relationnelle et parfois à un moyen de se rassurer.
- Le FoMO n’est pas la preuve d’une addiction : il peut surtout signaler que l’adolescent craint de perdre sa place, tolère mal l’incertitude relationnelle ou dépend du téléphone pour apaiser momentanément une émotion.
Comment se manifeste cette anxiété liée à la déconnexion chez le lycéen ?
Bien souvent, l’anxiété s’infiltre de manière insidieuse dans le quotidien des ados, modifiant leurs comportements, leur humeur et même leur rythme biologique. Pour les parents comme pour les équipes éducatives, repérer ces signaux n’est pas toujours simple, car ils sont souvent confondus avec les manifestations classiques de la crise d’adolescence.
Comme Olivier Canceil l’explique dans notre épisode du podcast Le Lien consacré aux relations et aux réseaux sociaux chez les jeunes, la vie numérique n’est pas virtuelle pour un ado : elle est le prolongement direct de ses histoires d’amour, de ses amitiés et de la construction de son identité. Comprendre cette réalité aide à mieux décoder les signaux de détresse lorsqu’on lui impose de couper ce fil conducteur.
Les signes avant et pendant la journée de cours
C’est généralement dès les premières minutes de la journée que les premiers symptômes apparaissent. À l’approche du départ pour le lycée, l’anticipation de la rupture peut créer une tension palpable. On observe souvent une forme d’hypervigilance : l’adolescent consulte frénétiquement ses notifications jusqu’au tout dernier moment, cherchant à emporter avec lui une ultime « réserve » de lien social avant d’éteindre son téléphone.
Chez certains jeunes, ce stress par anticipation se traduit par une irritabilité au petit-déjeuner ou une nervosité soudaine. Chez d’autres, l’angoisse prend une forme plus somatique : maux de ventre, nausées ou sensation d’oppression au moment de franchir le portail de l’établissement.
Le « contrecoup » de fin de journée
L’impact le plus marquant se mesure toutefois en fin de journée. Après plusieurs heures de retenue et de déconnexion forcée, le retour au domicile s’accompagne fréquemment d’un effet de « décompression brutale ». Privé d’accès à sa communauté toute la journée, le lycéen ressent le besoin urgent de rattraper le fil de ce qu’il a « raté » – qu’il s’agisse de discussions amicales, de flirts ou de la vie de son groupe.
Cette surstimulation tardive, combinée à la fatigue accumulée, crée un terrain propice au surmenage émotionnel. Résultat : une vraie difficulté à décrocher le soir pour faire ses devoirs, des tensions familiales exacerbées et un sommeil souvent perturbé par l’incapacité à lâcher l’écran avant de s’endormir.

Like, scroll, repeat : les écrans, le nouveau visage de l’addiction chez les jeunes. Quels sont les signaux d’alerte et les bonnes pratiques à adopter pour un usage équilibré du numérique ? Notre expert décrypte !
Écouter l’épisodeComment accompagner son ado face à l’interdiction du téléphone au lycée ?
En tant que parent, l’objectif n’est pas d’obtenir une obéissance silencieuse, mais d’aider progressivement l’adolescent à développer sa capacité d’autorégulation.
Un adolescent autonome n’est pas celui qui ne ressent plus rien lorsqu’il est séparé de son téléphone. C’est celui qui sait reconnaître son inconfort, comprendre ce qui le provoque, le tolérer et mobiliser d’autres ressources sans que vous ayez à supprimer toute difficulté. Pour traverser cette transition sans rupture de dialogue, notre expert Cyril Tarquinio vous propose trois conseils.
3 conseils essentiels aux parents
1. Reconnaître l’émotion sans confirmer la catastrophe
Dire « je comprends que cela t’inquiète » ne signifie pas « tu as raison, tu ne peux pas passer quelques heures sans téléphone ». La validation émotionnelle consiste à reconnaître ce que vit l’adolescent, sans confirmer que la séparation est insupportable ou dangereuse.
Les parents peuvent demander : « Qu’est-ce qui te manque le plus ? », « Qu’as-tu peur de rater ? », « Est-ce le groupe, un message précis, la possibilité de nous joindre ou le fait de ne pas savoir ? ». Ces questions permettent de comprendre la fonction que remplit réellement le téléphone, plutôt que de réduire la discussion à la seule question du temps d’écran.
2. Installer un cadre prévisible, cohérent et progressif
Une règle anticipée est généralement mieux tolérée qu’une confiscation improvisée au milieu d’un conflit. Vous pouvez définir clairement :
- quand et où le téléphone sera déposé
- comment seront gérées les situations réellement urgentes
- à quel moment les messages pourront être consultés et
- ce qui est attendu de chacun
La transition peut également être préparée par de courtes périodes de déconnexion à la maison, progressivement allongées. Il est toutefois préférable d’éviter deux attitudes opposées :
- d’un côté, rendre immédiatement le téléphone chaque fois que l’anxiété monte peut involontairement renforcer l’idée que cette anxiété est intolérable
- de l’autre, imposer brutalement la règle sans écouter l’adolescent transforme facilement l’apprentissage en rapport de force
3. Élargir les moyens de relation et de régulation
La déconnexion devient plus accessible lorsque l’adolescent dispose d’autres moyens alternatives pour s’occuper. Les parents peuvent aider à développer ce répertoire :
- parler directement à quelqu’un, marcher, pratiquer une activité,
- écouter de la musique sans consulter les réseaux,
- noter une inquiétude pour y revenir plus tard, accepter un temps d’ennui ou demander du soutien autrement
L’objectif n’est pas de mener une guerre contre le numérique, mais d’aider l’adolescent à disposer de plusieurs ressources pour faire face à l’ennui, au stress, au malaise social ou à l’inquiétude.
Il faut également éviter deux écueils symétriques. Le premier serait de minimiser : « ce n’est qu’un téléphone, arrête ton cinéma ». Le second serait de surprotéger : multiplier les exceptions, surveiller constamment l’état émotionnel ou garantir que rien de désagréable ne se produira. Dans les deux cas, l’adolescent apprend peu. L’accompagnement le plus utile associe écoute, limite stable et possibilité de faire progressivement l’expérience qu’il peut traverser l’inconfort.
N’oubliez pas de donner l’exemple
Le comportement des parents joue également un rôle. Une règle perd une grande partie de sa crédibilité lorsque l’adulte demande à l’adolescent de poser son téléphone tout en consultant constamment le sien.

Vous êtes parent ou proche d’un adolescent et vous vous interrogez sur sa santé mentale, ses émotions ou son éventuel mal-être ? Vous cherchez des conseils pour mieux l’accompagner ? Les réponses dans ce podcast !
Découvrir Le LienQuand faut-il s’inquiéter de l’anxiété liée à la déconnexion ?
Une irritation, l’envie de vérifier ses messages, la crainte d’avoir manqué une discussion ou quelques jours d’inconfort au moment d’un changement de règle peuvent constituer des réactions ordinaires.
L’émotion, à elle seule, ne suffit pas à définir un trouble. Ce qui doit alerter est son caractère rigide, durable et invalidant. Cyril Tarquinio vous propose 4 repères pour vous aider.
4 repères pour identifier une situation préoccupante
- La persistance : la réaction ne s’atténue pas après la période d’adaptation, ou s’aggrave au fil des semaines.
- L’intensité : l’absence du téléphone déclenche des crises répétées, une détresse majeure, des manifestations somatiques importantes ou des épisodes de panique.
- La généralisation : la difficulté n’apparaît plus seulement au lycée, mais aussi à la maison, la nuit, pendant les repas, les activités, les transports ou les moments passés avec les proches.
- Le retentissement sur le quotidien : le sommeil, la scolarité, les relations, les activités, l’humeur ou la vie familiale sont nettement altérés.
Quels signes doivent particulièrement alerter ?
Selon Cyril Tarquinio, les signes qui méritent une attention particulière sont notamment :
- refus scolaire ou évitements répétés,
- incapacité à participer à une activité sans garder le téléphone à portée de main
- utilisation nocturne difficilement contrôlable
- dette de sommeil
- chute des résultats scolaires
- retrait des relations en présence des autres
- conflits familiaux majeurs
- mensonges répétés autour de l’utilisation du téléphone
- aggravation nette de l’anxiété ou de l’humeur
En parallèle, il est également important de se demander ce que le téléphone peut éventuellement masquer. L’anxiété liée à la déconnexion peut être liée à une fragilité sociale, à une situation de harcèlement, à la peur qu’un message circule, à une relation conflictuelle ou à la nécessité ressentie de rester joignable par un proche.
Dans ce cas, retirer le téléphone ne traite pas le problème sous-jacent. Une évaluation clinique ne doit donc pas seulement quantifier le temps d’écran : elle doit explorer le contexte, les contenus consultés, les relations concernées et la fonction de l’usage.
Quand demander de l’aider ?
Une consultation auprès d’un médecin, d’un psychologue, de l’infirmier scolaire ou d’un pédopsychiatre devient pertinente lorsque la souffrance persiste, s’intensifie ou compromet le fonctionnement quotidien.
Certaines situations nécessitent toutefois une évaluation rapide pour elles-mêmes : idées suicidaires, automutilations, dépression marquée, crise anxieuse sévère ou situation de cyberharcèlement. Il serait dangereux de les réduire à une simple « addiction au téléphone ».
« La bonne question n’est pas seulement : “Est-il mal lorsqu’il n’a pas son téléphone ?” Elle est : “Qu’est-ce qui devient impossible pour lui lorsqu’il ne l’a pas ?” Si l’absence du téléphone empêche durablement de dormir, d’aller en cours, d’être avec les autres ou de réguler ses émotions, nous ne sommes plus devant le simple inconfort d’un changement d’habitude »
Cyril Tarquinio, professeur de psychologie de la santé et de psychologie clinique
Interdiction du portable au lycée : quels effets sur la santé mentale ?
L’interdiction du téléphone au lycée peut constituer un cadre éducatif légitime et créer des moments protégés de l’attention. Mais elle ne doit pas être présentée comme un traitement de la santé mentale en elle-même.
Selon Cyril Tarquinio : l’étude SMART Schools, menée auprès de 1 227 adolescents dans 30 établissements, montre que les politiques restrictives sont associées à un usage moindre pendant le temps scolaire. En revanche, elles ne sont associées ni à une diminution de son usage global quotidien, ni à meilleur bien-être psychologique.
L’enjeu n’est donc pas seulement de retirer le téléphone : il consiste aussi à accompagner ce que cette séparation mobilise chez l’adolescent et à développer des compétences d’autorégulation qui pourront être utilisées au-delà du lycée.
Lire notre article pour en savoir plus sur l’impact des réseaux sociaux sur la santé mentale des jeunes
Ce qu’il faut retenir
L’interdiction du téléphone au lycée peut provoquer du stress ou de l’inconfort chez certains adolescents, notamment parce que le smartphone occupe aujourd’hui une place importante dans leur vie sociale.
Mais avoir du mal à se séparer de son téléphone ne signifie pas automatiquement être dépendant ou souffrir d’un trouble psychologique.
Le FoMO, lui non plus, ne constitue pas un diagnostic. Pour comprendre ce qui se joue, mieux vaut chercher ce que l’adolescent craint de perdre lorsqu’il n’a plus accès à son téléphone : une conversation, sa place dans le groupe, la possibilité de joindre un proche, un sentiment de contrôle ou encore un moyen de réguler une émotion.
Pour les parents, l’objectif n’est donc pas de faire disparaître toute réaction émotionnelle face à la déconnexion. Il s’agit plutôt d’aider progressivement leur adolescent à comprendre son inconfort, le tolérer et développer d’autres ressources pour rester en lien et réguler ses émotions. Comme le résume Cyril Tarquinio :
« L’objectif n’est pas que l’adolescent aime être privé de son téléphone, mais qu’il devienne capable de supporter cette séparation. C’est une question d’autorégulation davantage que d’interdiction »
Cyril Tarquinio, professeur de psychologie de la santé et de psychologie clinique
Pour aller plus loin
Pour approfondir votre réflexion sur la santé mentale des jeunes, la gestion des écrans et les postures d’accompagnement au quotidien, découvrez nos ressources complémentaires :
- 🎧 Nos épisodes de podcast Le Lien dédié à la santé mentale des ados
- 📖 Le carnet du secouriste pour mieux comprendre un adolescent grâce aux PSSM
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Références scientifiques principales
Les DOI ci-dessous ont été vérifiés. Les références ont été retenues parce qu’elles étayent directement les mécanismes évoqués, tout en rappelant que la majorité des associations observées ne permettent pas, à elles seules, de conclure à une causalité.
En savoir plus
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