Accueil Articles Solitude des jeunes : quels effets sur la santé mentale et comment recréer du lien ?

Solitude des jeunes : quels effets sur la santé mentale et comment recréer du lien ?

Parlons santé mentale Santé mentale des jeunes
En France, l’isolement relationnel et le sentiment de solitude touchent une partie importante de la population. Selon la Fondation de France, 32% des Français en 2025 étaient en situation d’isolement relationnel ou proches de l’isolement. Chez les adolescents, Santé Publique France rapporte qu’en 2024, 15,4 % des collégiens et 19,5 % des lycéens se sentaient seuls la plupart du temps – ou toujours.
Jeune fille seule regarde l'objectif, souriante

Ces chiffres soulèvent une question : pourquoi peut-on se sentir seul même lorsqu’on est entouré ? Les échanges avec des copains ou sur les réseaux sociaux suffisent-ils à créer un sentiment de proximité ?

À l’adolescence, les relations contribuent à la construction de soi et restent essentielles au début de l’âge adulte. Mais lorsqu’elles manquent, la solitude peut devenir une source de souffrance et fragiliser la santé mentale. Comment reconnaître cette solitude ? Comment aider les jeunes à préserver ou à recréer des liens ?

En bref : ce qu’il faut savoir sur la solitude des jeunes

Solitude, sentiment de solitude et isolement : quelle différence ?

La solitude ne se manifeste pas toujours de la même manière. Certaines personnes apprécient de passer du temps seules, sans en souffrir. D’autres peuvent être constamment entourées et pourtant éprouver un profond sentiment de vide. Entre les deux, il existe de nombreuses situations, parfois difficiles à repérer pour l’entourage.

Pour mieux comprendre ce que recouvre la solitude, il est utile de distinguer trois réalités :
Être seul Se sentir seul Être socialement isolé
Passer un moment sans personne, par choix ou par circonstance, pour se reposer, réfléchir ou se ressourcer. Cette solitude peut être agréable et choisie. Éprouver un décalage entre les relations que l'on souhaite et celles que l'on vit. Ce sentiment est subjectif : il dépend notamment de la qualité des liens, du sentiment d'être compris et de la possibilité d’être soi-même. Avoir peu de contacts ou de relations sociales dans les différentes sphères de sa vie. Cet isolement peut être subi, mais aussi correspondre à un mode de vie choisi. Il ne signifie pas nécessairement que la personne se sent seule.

On peut donc se sentir seul sans être isolé, tout comme on peut avoir peu de relations sans souffrir de solitude. Ce qui compte n’est pas seulement le nombre de personnes autour de soi, mais aussi la manière dont on vit ses relations.

La solitude devient particulièrement douloureuse lorsqu’elle est subie, qu’elle s’installe dans la durée ou qu’elle s’accompagne d’un sentiment de rejet. À l’adolescence et au début de l’âge adulte, elle peut être d’autant plus difficile à vivre que les relations amicales et le sentiment d’appartenance jouent un rôle important dans la construction de soi.

Pourquoi les adolescents et les jeunes adultes peuvent-ils se sentir seuls ?

Il n’existe pas une seule cause à la solitude des jeunes. Elle peut apparaître à la suite d’un événement précis, s’installer progressivement ou être liée à une impression plus diffuse de ne pas trouver sa place.

À l’adolescence, le besoin d’appartenance est essentiel

L’adolescence est une période importante de transformation. Le jeune construit son identité, explore ses goûts, affirme ses opinions et cherche progressivement à prendre sa place en dehors du cercle familial. Dans cette évolution, le regard des autres devient particulièrement central.

Les amitiés permettent de se confier, de partager des expériences et de se sentir compris. Être accepté par son groupe peut renforcer la confiance en soi. À l’inverse, se sentir exclu, incompris ou différent peut provoquer de la honte, du doute ou un sentiment de rejet.

Mon entourage, mon miroir

Dans cet épisode du podcast Le Lien, Olivier Canceil, psychiatre et spécialiste de la santé mentale des adolescents et des jeunes adultes, explique comment l’entourage peut agir comme un facteur de protection, mais aussi de fragilisation.

Écouter l’épisode

Un adolescent peut ainsi se sentir seul parce qu’il n’a pas d’amis proches, mais aussi parce qu’il a le sentiment de devoir jouer un rôle pour être accepté. Être invité, participer aux conversations ou appartenir à un groupe ne signifie pas nécessairement se sentir compris.

Amitiés, premières amours, harcèlement : quand les relations font souffrir

Une dispute, une rupture amoureuse, un éloignement entre amis ou l’impression d’être laissé de côté peuvent bouleverser l’équilibre d’un adolescent. Ces expériences font partie de la vie relationnelle, mais leur retentissement varie selon les personnes, leur histoire et les ressources dont elles disposent pour y faire face.

Certaines situations sont plus préoccupantes, notamment lorsqu’un jeune subit des moqueries répétées, des humiliations, des menaces ou une mise à l’écart organisée. Le harcèlement scolaire et le cyberharcèlement peuvent abîmer le sentiment de sécurité et rendre les relations avec les autres particulièrement difficiles.

Le jeune peut alors se replier sur lui-même, éviter certains lieux ou certaines personnes, ou redouter de nouvelles interactions. Il peut aussi avoir du mal à parler de ce qu’il vit, par honte ou par crainte que la situation s’aggrave.

Podcast Le lien : les mots qui blessent

Dans cet épisode du podcast Le Lien, Olivier Canceil explique que la honte, la culpabilité et la peur des représailles peuvent empêcher un adolescent de demander de l’aide. Le silence ne signifie donc pas nécessairement que la situation est supportable ou que le jeune ne souhaite pas être aidé.

Écouter l’épisode

Pour aller plus loin, notre article Comment aider mon enfant victime de harcèlement scolaire ? propose des repères pour ouvrir le dialogue et accompagner un jeune.

Réseaux sociaux : être connecté ne signifie pas toujours se sentir entouré

Les réseaux sociaux permettent de garder le contact, de retrouver des personnes qui partagent les mêmes centres d’intérêt et de maintenir des amitiés à distance. Pour certains jeunes, ces espaces numériques sont aussi un moyen de trouver du soutien lorsqu’ils ne se sentent pas compris dans leur environnement immédiat.

Mais cette connexion permanente peut également accentuer le sentiment d’exclusion. Voir les photos d’une soirée à laquelle on n’a pas été invité, observer les échanges d’un groupe dont on se sent éloigné ou comparer son quotidien à des images soigneusement mises en scène peut renforcer l’impression que les autres vivent des expériences plus riches ou plus heureuses.

Ce n’est donc pas la présence des écrans, à elle seule, qui permet de comprendre le mal-être d’un jeune. Ce qui compte aussi, c’est la manière dont il utilise ces outils, ce qu’il y vit et la place qu’ils prennent dans ses relations.

Podcast Le lien : l'art de tisser des liens

Dans cet épisode du podcast Le lien, Olivier Canceil explique comment les réseaux sociaux intensifient tous les mécanismes de l’adolescence. Il donne des conseils pour mieux accompagner sans pour autant envahir 👇🏻

Écouter l’épisode

Cette mise en scène peut alimenter la comparaison, mais il serait réducteur de considérer les réseaux sociaux comme une cause systématique de solitude. Les relations en ligne peuvent être sincères, importantes et sources de soutien. Ce qui compte aussi, c’est la manière dont le jeune les vit : se sent-il relié aux autres, ou a-t-il surtout l’impression d’être spectateur de leur vie ?

L’objectif n’est donc pas d’opposer systématiquement les échanges en ligne aux relations en face à face, mais de comprendre ce que ces usages apportent au jeune et ce qu’ils peuvent parfois lui coûter.

Jeunes adultes : des transitions de vie qui peuvent fragiliser les liens

La solitude ne s’arrête pas à la fin du lycée. Les études supérieures, un déménagement ou le départ du domicile familial changent les habitudes. Une première expérience professionnelle ou une rupture peut aussi bouleverser les relations.

Les occasions de voir ses amis deviennent parfois plus rares. Les liens noués pendant la scolarité se distendent, tandis que les nouvelles relations mettent parfois du temps à se construire. Certains jeunes adultes découvrent aussi la difficulté de créer des liens dans un environnement où chacun semble déjà avoir son cercle.

Ces périodes de transition ne conduisent pas nécessairement à la solitude, mais elles peuvent fragiliser les repères sociaux. Il est alors possible de se sentir isolé tout en continuant à étudier, à travailler et à mener ses activités habituelles.

Quels sont les effets de la solitude sur la santé mentale des jeunes ?

Une solitude ponctuelle n’est pas nécessairement préoccupante. Elle peut être choisie et permettre de se ressourcer. C’est surtout lorsqu’elle est subie, qu’elle dure ou qu’elle devient difficile à exprimer qu’elle mérite une attention particulière.

Solitude des adolescents : que montrent les chiffres ?

L’enquête EnCLASS 2024, publiée par Santé publique France en juin 2026, apporte des données récentes sur le bien-être des collégiens et des lycéens. En 2024, 15,4 % des collégiens et 19,5 % des lycéens déclaraient se sentir seuls, la plupart du temps ou toujours. Ces proportions ont diminué par rapport à 2022, où elles atteignaient respectivement 20,6 % et 26,9 %.

Cette évolution est encourageante. Mais le sentiment de solitude concerne encore près d’un lycéen sur cinq. L’enquête relève aussi une dégradation de la santé mentale et du bien-être au cours du collège, sans amélioration au lycée.

Ces données concernent les collégiens et les lycéens. Elles ne permettent pas, à elles seules, de mesurer la situation des jeunes adultes. Elles rappellent néanmoins l’importance de prendre au sérieux le vécu relationnel des adolescents.

Tristesse, anxiété, perte de confiance : quels effets sur le moral ?

Un jeune qui se sent durablement seul peut avoir l’impression de ne pas compter pour les autres, de ne pas être intéressant ou de ne pas mériter leur attention. Ces pensées peuvent fragiliser l’estime de soi et rendre les nouvelles rencontres plus intimidantes.

La solitude peut aussi s’accompagner de tristesse, d’anxiété, d’irritabilité ou de difficultés de sommeil. Certains jeunes se détournent peu à peu des activités qu’ils appréciaient.

Pour mieux comprendre les manifestations de l’anxiété, consultez notre article Anxiété : comprendre les symptômes, les causes et les solutions pour mieux la gérer au quotidien

Quand la solitude s’installe, un cercle vicieux peut se former

La solitude peut parfois créer un cercle difficile à briser. Le jeune redoute les interactions et les évite pour se protéger. Il se sent alors encore plus éloigné des autres. Avec le temps, faire le premier pas peut devenir plus difficile.

Ce mécanisme ne se produit pas chez tous les jeunes. Il montre toutefois pourquoi une solitude qui dure mérite de l’attention, surtout lorsqu’elle s’accompagne d’un mal-être ou affecte la vie quotidienne.

Solitude et dépression : comment faire la différence ?

La solitude est un ressenti ; la dépression est un trouble de santé mentale. La dépression peut notamment se manifester par une tristesse persistante, une perte d’intérêt ou de plaisir, une fatigue importante, des difficultés de concentration ou des changements de sommeil et d’appétit.

Un jeune qui s’isole ne souffre donc pas nécessairement de dépression. À l’inverse, la dépression ne s’explique pas forcément par la solitude. Les difficultés relationnelles et la santé mentale peuvent toutefois s’influencer.

Si le retrait du jeune s’accompagne de changements durables, d’une perte d’intérêt pour ce qui lui plaisait ou d’une souffrance qui affecte son quotidien, il est important de ne pas banaliser la situation. L’entourage peut l’écouter et l’encourager à solliciter un professionnel de santé. Pour approfondir les symptômes et les signes d’alerte, consultez notre article Comprendre la dépression : définition, symptômes et signes d’alerte.

Dans ces circonstances, l’écoute de l’entourage compte, tout comme la possibilité de solliciter un professionnel de santé.

Podcast Le lien - PSSM France

Pour approfondir le sujet, retrouvez cet épisode du podcast Le Lien, consacré au vécu de la dépression à l’adolescence et à la manière d’accompagner un jeune en difficulté.

Écouter l’épisode

Comment reconnaître un jeune qui souffre de solitude ?

La solitude n’est pas toujours facile à repérer. Certains jeunes expriment clairement leur sentiment d’exclusion. D’autres le dissimulent, par peur d’inquiéter leurs proches ou de paraître vulnérables.

Il ne s’agit pas de surveiller chaque changement d’humeur, mais de rester attentif à ce qui évolue dans la durée. Plusieurs changements peuvent inviter à engager le dialogue, surtout lorsqu’ils sont inhabituels pour le jeune :

  • un retrait progressif de ses amis ou de ses activités habituelles
  • une tristesse, une irritabilité ou une anxiété plus fréquente
  • des propos récurrents sur le rejet, l’inutilité ou le sentiment de ne pas avoir sa place
  • des difficultés nouvelles à aller en cours, à participer à des activités ou à rencontrer les autres
  • une perte d’intérêt pour des loisirs auparavant appréciés
  • des changements importants de sommeil ou de comportement

Aucun de ces signes, pris isolément, ne permet de conclure qu’un jeune souffre de solitude ou présente un trouble de santé mentale. L’essentiel est de tenir compte du contexte, de l’intensité du mal-être et de son évolution.

Un adolescent peut rire avec ses camarades et éprouver malgré tout un sentiment de solitude. À l’inverse, un jeune qui apprécie de passer du temps seul n’est pas nécessairement en difficulté. Mieux vaut donc s’intéresser à ce qu’il ressent plutôt que de tirer des conclusions à partir de son seul comportement.

Comment aider un jeune qui se sent seul ?

Il n’existe pas de solution unique pour lutter contre la solitude. Les besoins diffèrent selon les personnes, leur âge, leur histoire et les circonstances qu’elles traversent. Mais certains gestes peuvent contribuer à préserver la relation et à rendre de nouvelles rencontres plus accessibles.

Olivier Canceil, psychiatre et expert de la santé mentale des jeunes vous donne 4 conseils pour aider un jeune qui se sent seul.

1. Écouter sans minimiser ce qu’il ressent

Lorsqu’un jeune semble s’isoler, la tentation peut être de le rassurer immédiatement, de lui donner des conseils ou de l’encourager à sortir davantage. Pourtant, des phrases comme « Tu as plein d’amis, tu ne peux pas être seul » ou « Tu n’as qu’à aller vers les autres » risquent de lui donner le sentiment de ne pas être compris.

Il s’agit alors de montrer que l’on est là pour écouter, sans forcer la parole ni juger ce que le jeune traverse. Vous pouvez par exemple lui dire :

  • « Comment tu te sens en ce moment avec les autres ? »
  • « Est-ce que tu as l’impression de pouvoir être toi-même avec tes amis ? »
  • « Est-ce qu’il y a des moments où tu te sens à l’écart ? »
  • « Qu’est-ce qui te ferait du bien en ce moment ? »

Il n’est pas nécessaire de poser toutes ces questions à la suite. Une conversation naturelle, au bon moment, vaut mieux qu’un interrogatoire. Le jeune peut aussi avoir besoin de temps avant de se confier. Il ne s’agit pas de le convaincre qu’il se trompe. Montrez lui plutôt que vous entendez ce qu’il ressent. Sans le juger.

2. Maintenir le lien sans forcer les rencontres

Le lien se nourrit souvent de gestes simples : prendre des nouvelles, proposer un moment ensemble, envoyer un message ou partager une activité familière.

Lorsqu’un jeune se replie, il peut être tentant d’insister pour qu’il parle ou accepte toutes les invitations. Mais une présence trop pressante risque parfois de renforcer son besoin de retrait.

Mieux vaut proposer sans imposer, respecter son rythme et continuer à lui montrer qu’il peut compter sur quelqu’un. Un refus aujourd’hui ne signifie pas nécessairement qu’il ne souhaite plus de contact.

Le simple fait de pouvoir en parler, déjà ça soulage. Il faut vraiment pouvoir ouvrir le dialogue, montrer qu’on est disponible, sans pression : « Je suis là si tu veux parler, à ton rythme »

Olivier Canceil, psychiatre spécialiste de la santé mentale des jeunes

Olivier Canceil psychiatre spécialiste de la santé mentale des adolescents

3. Proposer des activités qui lui ressemblent

Retrouver du lien ne signifie pas forcément rejoindre un grand groupe ou se faire de nombreux amis. Pour certains jeunes, une relation de confiance ou une activité partagée constitue déjà un premier pas important.

Sport, musique, pratique artistique, jeux, bénévolat, association ou engagement collectif : les occasions de rencontre sont nombreuses. Elles permettent de se retrouver autour d’un intérêt commun, sans faire de la sociabilité un objectif à atteindre à tout prix.

Pour un jeune adulte qui vient de déménager ou de commencer ses études, les associations étudiantes, les activités locales ou les projets collectifs peuvent également offrir des occasions de nouer de nouvelles relations.

L’essentiel est de partir des envies du jeune, plutôt que de lui imposer une activité supposée lui faire du bien.

4. Préserver la confiance, même lorsqu‘il se replie

Un adolescent qui semble distant n’a pas nécessairement envie de rompre le lien avec ses parents ou ses proches. Il peut avoir besoin d’autonomie, éprouver des difficultés à parler de ce qu’il traverse ou craindre de décevoir.

Maintenir le lien suppose donc de trouver un équilibre : respecter son intimité tout en restant disponible. Cela peut passer par des moments partagés qui ne sont pas centrés sur ses difficultés, des échanges informels ou des habitudes qui permettent de se retrouver sans pression.

Pour un jeune adulte, cela peut aussi signifier prendre des nouvelles régulièrement, sans exiger de longues conversations ni attendre qu’il sollicite systématiquement son entourage. Il ne s’agit pas de forcer la proximité, mais de lui rappeler qu’une porte reste ouverte.

Quand faut-il chercher de l’aide ?

Quand la solitude s’accompagne d’un mal être durable

L’entourage joue un rôle important, mais il ne peut pas tout résoudre seul. Si la souffrance persiste, s’aggrave ou affecte fortement le quotidien du jeune, il est préférable de l’encourager à en parler à un professionnel de santé.

Selon la situation, un médecin généraliste, un psychologue, un professionnel de santé scolaire ou un service spécialisé pour les jeunes peut constituer un premier interlocuteur. L’objectif est de chercher une aide adaptée, en associant le jeune autant que possible à cette démarche.

Si la solitude semble liée à des moqueries, à une mise à l’écart ou à du harcèlement, il est important de chercher à comprendre ce qui se joue et d’aider le jeune à en parler. En cas de danger, l’entourage doit intervenir pour assurer sa sécurité, tout en expliquant ses démarches et en l’associant autant que possible aux décisions.

Si le jeune évoque des idées suicidaires

Si le jeune évoque des idées suicidaires, il est important de prendre ses propos au sérieux et de ne pas le laisser seul face au danger. En France, le 3114, numéro national de prévention du suicide, est accessible gratuitement, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, aux personnes concernées comme à leur entourage. En cas de danger immédiat, il faut contacter les services d’urgence.

Pour savoir comment écouter, réagir et accompagner une personne qui évoque des idées suicidaires, consultez notre guide : Comment aider une personne qui a des idées suicidaires ? Les bons réflexes pour repérer et agir.

À retenir : le lien se construit aussi dans les petits gestes

La solitude des jeunes ne se résume pas au nombre d’amis, de messages reçus ou d’activités pratiquées. Elle renvoie aussi à une question essentielle : se sent-on reconnu, écouté et accepté tel que l’on est ?

À l’adolescence comme au début de l’âge adulte, les relations évoluent, les repères changent et certaines périodes peuvent être plus fragiles que d’autres. Se sentir seul n’est pas nécessairement le signe d’un trouble de santé mentale. Mais lorsqu’un jeune souffre durablement de cette situation, son ressenti mérite d’être entendu.

Maintenir le lien, ce n’est pas toujours trouver les bons mots ou apporter une solution. C’est parfois simplement rester présent, écouter sans juger et faire savoir à l’autre qu’il n’a pas à traverser seul ce qu’il vit.

Un message, une invitation, une conversation sans pression : ces gestes ne suffisent pas à résoudre toutes les difficultés, mais ils peuvent ouvrir un espace dans lequel le jeune se sent à nouveau libre de parler, de demander de l’aide et de retrouver progressivement sa place.

Les questions fréquentes sur la solitude des jeunes

Est-il normal de se sentir seul à l’adolescence ?

Oui, le sentiment de solitude peut survenir à l’adolescence, une période marquée par des changements importants et un besoin accru d’appartenance au groupe. Il n’est pas nécessairement inquiétant lorsqu’il est ponctuel ou choisi. En revanche, s’il est subi, durable ou associé à un mal-être important, il mérite d’être pris au sérieux.

Peut-on se sentir seul même quand on a des amis ?

Oui. Le sentiment de solitude dépend non seulement du nombre de relations, mais aussi de la qualité des liens et du sentiment d’être compris, accepté et soutenu. On peut avoir des amis ou être entouré au quotidien sans parvenir à se sentir proche des autres.

Quels sont les signes de la solitude chez un adolescent ?

Un repli sur soi, une tristesse persistante, une perte d’intérêt pour certaines activités, une peur du jugement ou des propos dévalorisants peuvent alerter. Ces signes ne sont pas spécifiques à la solitude : ils doivent être interprétés dans leur contexte et conduire à ouvrir le dialogue plutôt qu’à poser un diagnostic.

Les réseaux sociaux aggravent-ils le sentiment de solitude ?

Pas systématiquement. Les réseaux sociaux peuvent entretenir des amitiés et permettre de trouver du soutien. Mais ils peuvent aussi accentuer la comparaison, la peur de manquer quelque chose ou le sentiment d’exclusion. Leur effet dépend notamment de la façon dont ils sont utilisés et de ce que le jeune y vit.

Comment aider un jeune qui se sent seul ?

La première étape consiste à l’écouter sans le juger ni lui faire la morale. Il est possible de lui proposer des activités ou des rencontres autour de ses centres d’intérêt, tout en respectant son rythme. Si sa souffrance persiste, un professionnel de santé ou un adulte de confiance peut l’aider à trouver des solutions adaptées.

Quand faut-il s’inquiéter de la solitude d’un jeune ?

Il est important d’être attentif lorsque la solitude s’accompagne d’un retrait durable, d’une tristesse importante, d’une perte d’intérêt ou de difficultés dans la vie quotidienne. Si le jeune évoque des idées suicidaires, il faut prendre ses paroles au sérieux et chercher de l’aide sans attendre. En France, le 3114 est accessible gratuitement, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Pour aller plus loin

Olivier Canceil, psychiatre et spécialiste de la santé mentale des adolescents et des jeunes adultes, apporte des éclairages complémentaires dans plusieurs épisodes du podcast Le Lien :

Retrouvez tous les épisodes sur la page Le Lien, le podcast de PSSM France consacré à la santé mentale des adolescents.

Nos dernières actualités

Voir tous les articles

Découvrez nos dossiers spéciaux

Voir tous les dossiers